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lundi, 05 décembre 2011

KOUDOU PARLE


http://www.youtube.com/watch?v=TKWK_oX1xlE&feature=share

Le President GBAGBO repond au Juge Grumendi sur ses conditions d'arrestation et de détention

http://www.youtube.com/watch?v=TKWK_oX1xlE&feature=share

"Madame les conditions de ma détention à la cour ici à la cour à la Haye sont correctes, sont les conditions normales de détentions d’un être humain.
Mais, mes conditions d’arrestation le sont moins : 
J’ai été arrêté le 11 avril sous les bombes françaises, moi le Président de la république !
La résidence de la présidence de la république a été bombardée du 31 mars au 11 avril. Et c’est dans ces décombres là le 11 Avril pendant qu’on bombardait la résidence qui était déjà à terre, nous on s’est caché dans les trous de la résidence.

Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicos français bombardaient
C’est dans ces conditions que j’ai été arrêté !
J’ai vu devant moi mourir mon ministre de l’intérieur, Tagro.
J’ai vu mon fils ainé, qui est encore détenu en Côte d’Ivoire, je ne sais d’ailleurs pas  pourquoi on l’a arrêté, c’est peut-être parce qu’il est mon fils
Je l’ai vu battu !
J’ai vu Mon médecin personnel qui était avec moi le docteur Blé, qui est encore à Korhogo, je l’ai vu battu, et j’ai cru même qu’il allait mourir mais, Dieu merci il n’est pas mort  mais Tagro a eu moins de chance, le Ministre de l’intérieur.
C’est dans ces conditions que ça s’est fait  bon je ne vais pas continuer parce qu’on n’est pas dans le procès.
mais je veux dire :
Les conditions de l’arrestation sont celles-là ! C’est l’armée française qui a fait le travail et elle nous a remis à ado et à ses forces qui n’étaient pas encore des forces régulières de Cote d’Ivoire, puisque les forces régulières travaillaient avec moi.
On nous a  donc amené à l'hôtel du golf qui était le siège de campagne et le siège d’Alassane Ouattara le 11 avril
et le 13 l’ONUCI m’a transféré enfin nous a transféré moi et mon médecin personnel, nous a transféré à Korhogo a peu près à 600 km au nord de la cote d’Ivoire.
J'étais logé dans une maison,  il y avait un lit une moustiquaire, une douche, bon ça allait parce j’avais deux repas par jours à ma demande qu’on m’avait proposé trois repas. Généralement je ne mange pas trois repas par jour, j’en mange que deux donc le problème n’était pas là.

Mais je ne voyais pas le soleil, je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit!
Je ne voyais pas le Soleil !
Les quelques rares fois où  j’ai vu le soleil, c'est quand mes avocats sont venus et ils sont venus a coups de difficultés avant même 
Me Altit  est. allé jusqu'à Korhogo, il a fait deux jours et il a été empêché de me rencontrer
ça a été tout le temps comme ça, une bataille entre les avocats et mes geôliers pour que je puisse voir. Alors c’est pas, Je pense que ça ce n’était pas correct! Bon la aussi je vais m’arrêter parce que ce n’est pas une séance pour apitoyer les gens, j’essaye de décrire ce qu’il y a dire.
L’enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel sans pouvoir sortir,  a fait que j’ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j’avais déjà !
Et je ne suis plus un jeune homme, comme vous le voyez madame je ne suis plus un jeune de 20 ans ni de 30 ans 

J’ai aujourd’hui 66 ans !
Donc aujourd’hui j’ai mal à l'épaule, j’ai mal aux poignets.
Ici quand je suis arrivé, on m’a fait des radios à mon arrivée et on me donne des médicaments. 

Donc voilà ce que je souhaitais dire.
Sur mon transfert à la Haye, je suis toujours surpris par certains comportements.
Si on me dit GBAGBO tu vas aller la Haye, je vais-je monte dans l’avion et je viens à la Haye.

Mais là encore on nous a trompé
on m’a appelé pour me dire que je vais rencontrer un magistrat à Korhogo dans le cadre de je ne sais plus quelle affaire.
On a attiré mes avocats là-bas et pendant qu’on discutait
le juge d’applications des peines est arrivé avec des papiers que je n'ai d'ailleurs pas lus. 
Voilà le mandat d’arrêt, donc immédiatement, il faut qu’on fasse une séance.


Ils ont improvisé là, alors que mes avocats n’étaient pas préparés à ça, alors que moi je n’étais pas préparé à ça, ils ont improvisé là une séance de jugement pour que la cour donne son autorisation à mon transfèrement !
Madame, je ne regrette pas d’être là, on va aller jusqu’au bout, mais je veux dire qu’on peut faire les choses de façon plus normale que ça, on n’a pas besoin de se cacher
j’ai dirigé ce pays pendant 10 ans je n’ai pas fait ça, je n’ai pas fait ça ! 
Et quand cette séance volée s’est achevée, mon geôlier m’a pris dans la voiture pour me ramener à mon lieu de détention et  un moment je vois qu’on dépasse mon lieu de détention alors, je lui dis mais on a dépassé l’endroit.

Il me dit qu’on va à l’aéroport parce que l’aéroport n’est pas éclairé, à partir de 18h30, il faut que l’avion s’envole.
J’ai dit je vais ou en avion?
Il n’a même pas eu le courage de me le dire, vous allez a la Haye, il me dit vous allez à Abidjan, alors j'ai ris parce que j’avais compris, c’est pour ça que je suis venu sans rien, sauf avec mon pantalon et ma chemise, sans rien. C’est tout.
Je signale cela pour que vous puissiez prendre des précautions pour que prochainement, dans d’autres pays, dans d’autres cas, cela ne se répète plus parce que ça ne sert à rien, ça ne sert à rien.

« Ça fait croire qu’il y a des gens qui sont de mauvaise volonté qui n’ont pas des idées claires …
Si on m’accuse c’est qu’on a des éléments de preuve
je vais les confronter à ma vérité à moi et vous jugerez
Mais ce n’est pas bon qu’on joue à des tours de passe-passe
Ici je n’ai pas de problème voilà Madame. »

Laurent GBAGBO

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