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mercredi, 30 novembre 2011

Ouattara enterre la réconciliation nationale

Dominique Donen http://www.notrevoie.com/a_la_une.asp?id=42175
Le régime Ouattara aura tenu jusqu’au bout la main de fer face au camp Laurent Gbagbo. En signifiant hier un mandat d’arrêt de la cour pénale internationale (Cpi) à l’ancien chef de l’Etat, les nouveaux maîtres d’Abidjan ont fini par convaincre plus d’un sur leur volonté de régler leurs comptes aux adversaires d’hier. Mais disons le tout net, le transfèrement Laurent Gbagbo à la Cpi pourrait avoir des conséquences graves pour la réconciliation nationalement. Une réconciliation pourtant annoncée à grandes pompes et qui fait partie des principaux chantiers du président Ouattara. Les millions d’Ivoiriens qui croient en Laurent Gbagbo pourront-il encore croire et s’impliquer dans la réconciliation pour laquelle une commission nationale a été créee et confiée l’ancien premier ministre Charles Konan Banny pendant que leur leaders est à la Cpi? Il ne faut surtout pas se leurrer. Tous les acteurs et observateurs de la crise ivoirienne savent qu’il ne peut y avoir de réconciliation en Côte d’Ivoire sans Laurent Gbagbo. Même ceux qui n’ont jamais porté le président déchu en estime reconnaissent qu’il reste incontournable dans la vie politique nationale. En clair, Laurent Gbagbo dans les geôles de la Cpi, loin des frontières ivoiriennes signifie simplement la mort du processus de réconciliation nationale qui avait cristallisé tous les espoirs de paix et de reconstruction du tissu social après la guerre postélectorale.
Comment pouvait-il en être autrement quand on sait que Laurent Gbagbo constitue une vraie icône, un leader populaire qui porte les espoirs de millions d’Ivoiriens et d’Africains. Le combat qu’il mène contre l’impérialisme occidental et pour la dignité de son peuple lui a conféré un statut de héros national. Son engagement pour la liberté et la dignité de l’Afrique lui a valu l’estime de millions d’Africains qui restent très préoccupés par la situation en Côte d’Ivoire. Il n’y a qu’à voir le vague de manifestations d’Africains réclamant la libération du président Gbagbo à travers le monde pour se faire une idée de la place importante qu’occupe l’ancien chef d’Etat dans les esprits.
Il faut le reconnaitre, Laurent Gbagbo est un digne fils de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique qui ne mérite pas un traitement aussi dégradant. Il s’est humilié, tout le long de son mandat pour trouver des solutions négociées à la crise qui mine son pays depuis une décennie. L’ex-chef de l’Etat, profondément attaché à la paix et à la démocratie a ouvert grandement ses bras à son opposition civile et armée avec pour seul objectif la paix et la réconciliation. Son transfèrement dans une prison créée par les puissances occidentales pour juger les dirigeants africains insoumis ne peut que susciter la désolation et l’indignation chez tous les démocrates du monde entier et particulièrement dans le cœur des Patriotes ivoiriens. L’option douloureuse de la Cpi prise par le régime Ouattara avec la bénédiction des soutiens occidentaux risque de porter un coup fatal à cette réconciliation nationale que tous les ivoiriens appellent de leurs vœux. Et ce sera bien dommage.

Jean Khalil Sella

www.notrevoie.com

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