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vendredi, 24 juin 2011

dramane Economiste peut-etre, Financier non!

Budget 2011 Rien que pour payer la dette extérieure !
Source : Notre voie : Dernière Mise à jour : 24/06/2011 (Auteur : J-S Lia )
http://ci.telediaspora.net/fr/texte.asp?idinfo=52696

Le budget 2011 a été adopté par ordonnance au cours du conseil des ministres du mercredi dernier. Il s’équilibre en recettes et en dépenses à 3050,4 milliards FCFA, en croissance de 5,3% par rapport à 2010.


La particularité de ce budget est qu’il semble être consacré au remboursement du service de la dette : 42%, soit environ 1281 milliards FCFA. Autrement dit, l’argent que les Ivoiriens vont faire entrer dans les caisses de l’Etat va servir, en priorité à se mettre à jour vis-à-vis de la communauté financière internationale. La moitié d’un budget d’un pays consacré au remboursement de la dette extérieure, c’est énorme et inquiétant. Surtout que les appuis budgétaires attendus sont cumulés à 437 milliards FCFA.


Enorme parce qu’il y a longtemps, si longtemps, en tout cas sous l’ancien régime, qu’un budget avait dimensionné la dette extérieure à ce niveau. Un budget se met en place pour construire le pays, le développer, le rendre fort et stable. Et la stabilité se mesure par le bien-être des populations. A quoi sert-il d’être bien noté par l’extérieur si l’Etat ne peut honorer ses engagements régaliens ? Le plus important, ce n’est pas montrer que la Côte d’Ivoire est une force économique, mais montrer que les Ivoiriens vivent bien. Peut-être paye-t-on le prix de la victoire par l’extérieur ? (on connait la fameuse boutade : Rappelle-toi qui t’a fait roi).


Nous l’avons déjà souligné, nous le rappelons, la guerre n’a aucunement rendu service à la Côte d’Ivoire. Sinon, depuis mars dernier, le pays serait en train de jouir des retombées de l’initiative PPTE étant donné que la communauté financière n’attendait que les résultats de l’élection présidentielle pour accorder au pays le point d’achèvement. Vu que « l’exécution du budget 2010 a bénéficié au cours des 2ème et 3ème trimestre de l’année d’un contexte favorable marqué par une avancée dans la normalisation de la situation sociopolitique et la mise en œuvre du programme économique et financier appuyé par la facilité Élargie de Crédit ». Mille fois, hélas, « les acquis qui en ont résulté, ont été annihilés par l’impact négatif des perturbations des activités économiques au cours du 4ème trimestre, en raison de l’élection présidentielle et de la crise qui s’en est suivie ».


L’euphorie cannibale des uns dissipée, les angoisses des autres exacerbées, les Ivoiriens sont contraints à renouveler leurs efforts pour espérer une autre chance en juin 2012. En attendant, comme le montre le budget, ils doivent cravacher dur pour « payer crédit ».
Inquiétant au regard de la situation économique du pays. Le conseil des ministres l’a noté « la construction de ce budget est fortement marquée par la grave crise post-électorale qu’a vécue notre pays, crise qui a fragilisé une part importante des fondements de notre économie, avec notamment pour corollaires des problèmes accrus de sécurité, des dégâts subis par de nombreux opérateurs économiques et particuliers, une baisse de l’activité économique et un reflux des recettes fiscales ».

Tout le monde sait que la Côte d’Ivoire est comme un immense train de marchandises qui n’avance plus que par la force d’inertie de ses wagons aux trois quarts tenus par la France et dont on a perdu les clés. Avec une « croissance négative de 6,3%, soit une perte de près de 10 points par rapport à 2009 et 2010 », et les « conséquences de la crise sociopolitique qu’a connue notre pays au cours des 4 premiers mois de l’année et dont les effets seront malheureusement encore visibles une grande partie de 2011 », comment peut-on raisonnablement construire un budget en hausse là où il aurait fallu manœuvrer progressivement : budget sécurisé, budget de stabilisation, budget de développement.


La seule explication pourrait venir de la volonté farouche du chef de l’Etat de réaliser économiquement la Côte d’Ivoire malgré ce qui en coûte au pays.  « La Côte d`Ivoire a besoin de 15 à 20 milliards d`euros (près de 13000 milliards FCFA) pour les cinq prochaines années. C`est l’évaluation de mon programme. Je souhaite que ce soit une confirmation de l’appréciation de la démocratie en Côte d`Ivoire, il faut réduire la pauvreté, il faut faire sortir la Côte d`Ivoire de cette longue période d`agonie économique et réconcilier les Ivoiriens. Il y a un prix à payer et je compte sur le G8 pour le faire dans le cadre d’un partenariat», a-t-il déclaré sur la Radio française Europe 1, au sommet de Deauville.

A travers ce budget, on peut comprendre que les hôpitaux, les écoles, les universités, l’emploi des jeunes, la réhabilitation du réseau routier, l’électrification rurale, les accouchements gratuits, bref ! toutes les promesses électorales de Alassane Ouattara reposent entièrement sur la magnanimité des pays industrialisés. D’où priorité dette extérieure.

J-S Lia

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