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jeudi, 10 mars 2011

Attaque contre la Côte d’Ivoire : Le Tchad dans le coup?

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In Le Nouveau Courrier N°223 du 09 Mars 2011 par Alibo Tiédrou

La guerre contre la Côte d’Ivoire n’a pas fini de livrer ses secrets !! Les masques continuent de tomber.


Dans notre intervention dans le journal «le nouveau courrier» du 12 février 2011, nous avons affirmé que la composition du panel doit être une grande préoccupation du gouvernement légal de Côte d’Ivoire. Selon notre analyse, les présidents mauritanien, burkinabé et tchadien sont contre la Côte d’Ivoire et ses institutions. La France et les Etats unis sont présentent en Mauritanie contre Al-Qaïda. Le président Ould Abdel Aziz - qui est venu au pouvoir de manière anticonstitutionnelle - a sa main dans la bouche des puissances occidentales et ne saurait défendre la démocratie, avons-nous dit. Nous avons en outre souligné avec force que les déboires d’Idriss Deby du Tchad sont connus : il est menotté par Paris. C’est la France qui fait et défait les régimes Tchadiens. La présence militaire Française au Tchad depuis 1986 à travers l’Opération Epervier comprend une force aérienne et une force terrestre. Cette présence militaire dont la force de frappe est cent fois plus importante que celle de la Licorne et du 43ème Bima d’Abidjan fait de N’djamena est un prisonnier de Paris. Il est dès lors naïf et absurde de penser qu’Idriss Deby ne jouera pas la musique de Sarkozy pour décapiter la Côte d’Ivoire.

 

Affaire des 30 containers d’armes de l’ONUCI venant du Tchad saisis au Cameroun

Les notes de cette mélodie macabre se font maintenant entendre. Selon le Journal camerounais « Le messager », information reprise par la presse ivoirienne, trente containers d’armes destinés à l’Onuci et en provenance du Tchad ont été saisis au Cameroun !! Et Pouf, le masque porté par Idriss Deby vient de tomber. Notre analyse dans le journal «Le nouveau Courrier» vient d’être confirmée. Ce convoi de containers d’armes ne peut quitter le territoire tchadien sans l’accord de N’djamena. Il est donc urgent qu’Abidjan demande des explications au panel des chefs d’Etat et à Idriss Deby, président membre du Panel. Les militaires français basés à N’Djamena et à Abéché ne pourraient ignorer les mouvements de ce convoi destiné à l’Onuci. Cette implication flagrante d’Idriss Deby dans l‘activisme contre la Côte d’Ivoire est une révélation divine et un avertissement de Dieu aux autorités légales de Côte d’Ivoire. La main de Dieu se manifeste ainsi sur la Côte d’Ivoire.

 

La danse des sorciers du panel

Les chefs d’Etat du Panel se sont réunis le 04 mars à Nouatchock pour se pencher sur le dossier ivoirien. Il était au départ question pour le panel d’arrêter des propositions contraignantes et de venir les proposer aux parties ivoiriennes. Le panel ne fait non seulement aucune déclaration sur ses travaux à Nouatchock, mais renonce aussi à effectuer le voyage à Abidjan. Il charge Jean Ping à venir remettre une invitation au Président Gbagbo et à monsieur Ouattara : le groupe de haut niveau invite les parties ivoiriennes à participer à sa prochaine réunion. Quel flou artistique et diplomatique !!

 

La position de l’Afrique du Sud a-telle évolué ?

Les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts, dit l’adage. Lors du dernier sommet de l’Union Africaine, le président français est venu faire une proposition forte à Jacob Zuma : «Ouvrons le conseil de sécurité de l’Onu à l’Afrique». Qui dit Afrique dit Afrique du Sud. Les journaux français en ont d’ailleurs parlé lors de la visite officielle de Jacob Zuma en France les 02 et 03 mars 2011. Sous le titre : «les marchandages entre Zuma et Sarkozy qui pourront faire mal à Gbagbo», les journalistes français ont avancé que Jacob Zuma doit choisir entre l’entrée de l’Afrique du Sud au Conseil de Sécurité de l’Onu, entrée appuyée par la France, et le maintien de son ami Gbagbo au pouvoir. Lors de la conférence de presse des deux présidents, Sarkozy a réitéré son soutien à Ouattara, Zuma a, lui, gardé le silence. Ce droit de réserve du président sud-africain pouvait se comprendre pour son statut de membre du panel. Certains diront : Gbagbo est au courant de la position sud-africaine. Mais ce n’est pas une affaire de Gbagbo, c’est une affaire de la Côte d’Ivoire, du peuple ivoirien. La transparence aurait voulu que le peuple de Côte d’Ivoire et l’Afrique soient informés des décisions prises par le panel avant la participation des parties ivoiriennes à la réunion du conseil de sécurité et de paix (CSP) de l’Union africaine. Cela éviterait toute situation confuse si les circonstances changent. Car un coup de force de l’Onuci après le départ de Gbagbo n’est pas à exclure?

 

La position à adopter par le gouvernement de Côte d’Ivoire

Il est légitime pour la Côte d’Ivoire de tirer les leçons de l’attitude ambigüe et curieuse de certains membres du panel des chefs d’Etat chargé de régler la crise ivoirienne. La collusion entre Idriss Deby, chef d’Etat membre du panel, et l’axe rébellion-ONUCI est inacceptable et mérite des explications dans les plus brefs délais. Le silence adopté par le panel après sa dernière réunion en Mauritanie et sa venue annulée au bord de la lagune Ebrié méritent réflexion. Abidjan n’a, pour ainsi dire, aucune visibilité pour sa participation à un sommet aussi important. D’ailleurs, la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire ne permet non plus au président Laurent Gbagbo d’abandonner ses compatriotes. Il ne faut pas non plus oublier le projet funeste d’enlèvement du chef de l’Etat ivoirien par la France et les Etats unis. Malgré l’invitation des chefs d’Etat du Panel aux parties ivoiriennes de surseoir aux marches et autres tueries, le camp Ouattara est dans sa logique de guerre et coup d’Etat. Les conditions de sécurité interne et externe ne sont donc pas réunies pour un déplacement du président ivoirien à la réunion du CSP de l’UA. Gbagbo doit user de toute la diplomatie pour faire comprendre cela à ses pairs. Pas de précipitation. Il s’agit de demander un délai supplémentaire pour cette réunion, d’analyser les propositions du panel de manière sereine, le temps que les sombres nuages qui planent sur la Côte d’Ivoire se dissipent, et que d’autres masques tombent. Le panel a d’ailleurs jusqu’à fin mars pour régler la crise ivoirienne.

source: http://lenouveaucourrier.ivoire-blog.com/archive/2011/03/...

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