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mercredi, 12 janvier 2011

La désinformation et la crise en Côte d’Ivoire (2)

La désinformation et la crise en Côte d’Ivoire (2)
La propagande radiocanadienne et les mercenaires onusiens
http://www.vigile.net/La-propagande-radiocanadienne-et
Deuxième article d’une série de quatre
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Bernard Desgagné
Chronique de Bernard Desgagné
samedi 8 janvier 2011      1107 visites      26 messages



Dans plusieurs bulletins de nouvelles radiophoniques ainsi que dans son site Web, Radio-Canada relaie depuis plusieurs semaines les mensonges de l’AFP visant à flétrir Laurent Gbagbo et à préparer l’opinion publique à l’usage de la force. Par exemple, le 23 décembre à 17 heures, Radio-Canada nous raconte que M. Gbagbo « s’accroche au pouvoir » même si la « communauté internationale » considère qu’Alassane Ouattara a gagné l’élection. Le 24 décembre à 8 heures, Radio-Canada retransmet l’appel à la guerre du camp Ouattara contre le président Gbagbo. Le 24 décembre à midi, Radio-Canada répète que la communauté internationale considère Alassane Ouattara comme le vainqueur. L’analyste François Brousseau dresse la liste des sanctions prises contre le gouvernement de Laurent Gbagbo. Il souligne que, selon la Commission des droits de l’homme de l’ONU, les milices fidèles à M. Gbagbo commettraient des exactions contre ses opposants. M. Brousseau récidive dans son carnet Web, en traitant M. Gbagbo de tricheur — ce qui est le contraire de la vérité, comme nous l’avons vu dans la première partie — et en faisant diverses affirmations sans autre fondement que les assertions de l’Empire et ses laquais.

Or, ni la Commission des droits de l’homme, ni M. Brousseau ne détiennent de preuves incriminant le camp de M. Gbagbo pour les prétendues exactions. Leurs graves accusations ne sont fondées que sur de vagues soupçons colportés par des menteurs notoires. En effet, les dirigeants des casques bleus envoyés sur place sont au service de leurs maitres de Washington et ne s’intéressent qu’accessoirement à la vérité et la justice. À l’instar du secrétaire général des Nations Unies, le chef de l’ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire) vient de la Corée du Sud, un pays gouverné par des serviteurs dociles de l’Empire. Les casques bleus se comportent en Côte d’Ivoire un peu comme leurs collègues installés en République démocratique du Congo, qui font semblant de maintenir la paix mais favorisent les viols et assistent aux massacres sans bouger. L’ONUCI ressemble aussi à la MINUSTAH, une force d’occupation déguisée qui a pris la relève des putschistes étasuniens venus kidnapper le président Aristide, dans un pays qui aurait grandement besoin d’écoles et d’hôpitaux et qui n’a certainement pas besoin de soldats étrangers.

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En 2008, des casques bleus indiens de la MONUC font des photos souvenirs sur un blindé, à Kiwanja, en RDC, pendant que la population locale se fait massacrer par les tueurs de Laurent Nkunda, à la solde de Paul Kagame.

Le cloporte Ki-moon et ses amis du Rwanda

Le même Ban Ki-moon qui affirme aujourd’hui que Laurent Gbagbo doit partir n’hésitait pas, en septembre dernier, à rendre gentiment visite au plus grand assassin sur terre, le président du Rwanda, Paul Kagame. Le cloporte Ki-moon est allé au Rwanda s’excuser gentiment pour la fuite d’un rapport détaillé, qui a été produit au bout de plusieurs années d’enquête et qui incrimine le génocidaire en chef de Kigali pour le massacre de centaines de milliers de civils innocents en RDC. Et ce rapport n’est que la confirmation de nombreux autres rapports et de nombreux témoignages frappants, parfois gardés secrets par l’ONU, parfois largement diffusés, mais laissés sans suite et ensevelis sous des montagnes de propagande médiatique enracinée dans l’histoire convenue et fausse, du génocide rwandais. Paul Kagame est un criminel, mais c’est un bon client de l’Empire, alors il n’est aucunement inquiété. Le secrétaire général de l’ONU s’agenouille devant lui tandis qu’il se plaint avec vigueur de la désobéissance de M. Gbagbo.

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Ban Ki-moon rassure le génocidaire notoire Paul Kagame : Il peut continuer ses massacres ; les patrons de Washington n’ont pas l’intention de le lâcher.

Vu les antécédents troublants des porte-paroles de l’ONU, comment peut-on croire un seul mot de ce qu’ils racontent au sujet de la Côte d’Ivoire ? Comment peut-on encore accorder crédit à l’Empire et ses laquais après les innombrables mensonges qu’ils nous ont servis chaque fois qu’ils ont voulu installer un gouvernement malléable dans un pays avec leurs fusils et leurs médias, dans le cadre de leurs sordides mises en scène ? Les journalistes qui forgent la crédibilité de façade de ces manipulateurs sont-ils complices ou incompétents ?

Les victimes et les adeptes des visées impérialistes occidentales en Côte d’Ivoire ont déjà joué dans une version antérieure de la même mise en scène, au Rwanda, où l’on fabriquait mensonge après mensonge à propos des « extrémistes hutus » et du gouvernement Habyarimana, alors que massacres et attentats étaient commis par le camp des bons autoproclamés, c’est-à-dire le FPR de Paul Kagame. Si un tueur porte un uniforme de l’armée nationale ou d’une milice, il n’en est pas forcément membre. Tout comme les tueurs du FPR, ceux des Forces nouvelles sont tout à fait capables de se déguiser et de sacrifier quelques partisans pour faire illusion. Mais, dans la bouche des menteurs onusiens et des journalistes ignorants ou complices, une rumeur ou une accusation lancée par le camp favori devient rapidement une vérité incontestable. L’enflure verbale a toujours la cote : tandis qu’au Rwanda, on qualifiait « d’extrémiste » quiconque était contre le FPR, tout Ivoirien opposé à l’insurgé Ouattara et à sa bande de mercenaires onusiens est considéré comme un « ultranationaliste ».

Soit dit en passant, il est remarquable de constater l’absence des médias étrangers dans les régions occupées par les Forces nouvelles, ce qui est une répétition du procédé employé au Rwanda, entre 1990 et 1994. À l’époque, les médias n’étaient pas admis dans la zone du FPR. Aujourd’hui, les reportages que nous voyons concernent essentiellement ce qui se passe à Abidjan. Le reste de la Côte d’Ivoire n’existe pas, semble-t-il. Des exactions peuvent donc y être perpétrées à l’abri des regards indiscrets par les Forces nouvelles.

La suffisance du cartel médiatique occidental

Il est remarquable de constater également la méfiance qu’entretient constamment le cartel médiatique occidental à l’égard des médias ne souscrivant pas à son monopole de l’information. Ainsi, les moralisateurs du cartel remettent en question la crédibilité de la RTI (Radiodiffusion télévision ivoirienne) sous prétexte qu’elle serait « contrôlée par Gbagbo ». Ils voient la paille dans l’oeil du voisin, mais oublient la poutre dans le leur, puisque l’AFP et Radio-Canada sont des organes de presse subissant une forte influence respectivement du gouvernement français et du gouvernement canadien.

Dans le cas de Radio-Canada, c’est le gouvernement qui nomme la totalité des membres du conseil d’administration, et les nominations sont nettement partisanes. Elles sont rarement motivées par le besoin de choisir les personnes les plus compétentes.

Quant à l’AFP, dont le site Web est truffé d’énoncés vantant sa rigueur et son objectivité, elle oublie de préciser que trois ministres siègent à son conseil d’administration, et pas n’importe quels : le premier ministre, le ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie ainsi que le ministre des Affaires étrangères. On retrouve aussi au sein de ce conseil d’administration des magnats de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle française. Aucun représentant du public ne siège au conseil d’administration de l’AFP. Pas étonnant que, lorsqu’on lit les communiqués de l’AFP sur le Rwanda, on y sente l’influence de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de 2007 à 2010, grand copain du génocidaire Kagame et grand partisan du FPR.

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Bernard Kouchner s’entretient avec son ami Paul Kagame et veille à ce que l’AFP ne l’embête pas.

Radio-Canada et l’AFP mettent systématiquement en doute les affirmations du président Gbagbo, par exemple lorsque des civils sont blessés par l’ONUCI. Elles ont annoncé au public québécois, le 4 janvier 2011 à 10 h 21, que Laurent Gbagbo cédait sous la pression internationale et acceptait de négocier. Encore une fois, les rôles sont complètement inversés. Depuis le début de la crise, Laurent Gbagbo préconise la négociation, le recomptage des voix et la mise sur pied d’une commission d’évaluation indépendante, tandis que son adversaire Ouattara et ses commanditaires étasuniens réclament le départ sans condition du président Gbagbo, qu’ils essaient de soudoyer avec une promesse d’exil doré.

En outre, Radio-Canada présente le concept « d’ivoirité » comme une « politique raciale », mais omet d’indiquer que les États-Unis ont une règle analogue, qui empêche une personne naturalisée étasunienne d’être candidat à la présidence. Seul un Étasunien de naissance peut devenir président. Encore une fois, c’est la règle des deux poids, deux mesures : ce qui est considéré comme normal dans les démocraties occidentales devient un crime de lèse-majesté en Afrique.

Si un bain de sang a lieu en Côte d’Ivoire, on l’imputera très certainement à M. Gbagbo, alors qu’en réalité, la violence sera indéniablement le résultat de la politique d’agression des puissances occidentales et de leurs valets, qui ont appuyé la rébellion armée, qui massent de plus en plus de troupes dans ce pays ainsi qu’au large de ses côtes et qui jettent constamment de l’huile sur le feu, au lieu de chercher un accord. Comme au Rwanda jadis, les riches détenteurs exclusifs de la vertu attribuent à leurs mauvais clients le bellicisme dont ils sont eux-mêmes coupables et misent sur leurs énormes moyens de diffusion pour que leurs fables se transforment en évidence dans l’esprit de leur public captif.


Prochain article : Qui sont Gbagbo et Ouattara ?


Lire le premier article

 

Commentaires

Bernard,
Je ne saurai me prononcer sur les exemples tirés du Rwanda parce que justement ce pays est loin de la Côte d'Ivoire et quand je vois ce que l'on raconte sur mon pays, j'ai du mal croire ce qui est dit sur un autre. Ceci dit, votre analyse sur la Côte d'Ivoire est pertinente. Il faut simplement recompter les voix ou reprendre les élections. Tout le bruit du monde ne pourra jamais étouffer la vérité. On a fini par savoir qu'en Irak, il n'y avait pas d'armes de destruction massive. On finira un jour par se rendre compte que les réclamations de Gbagbo sont fondées. On finira par reconnaitre qu'on ne peut pas avoir plus de votants que d'inscrits sur une liste électorale. On finira par reconnaitre que les deux représentants de Gbagbo dans les bureaux du Nord devaient voter pour lui donner deux voix au lieu de 0. Malheureusement, quand on va reconnaitre ces vérités évidentes, ce sera trop tard. La vérité est petite mais elle fini toujours par triompher ou du moins se savoir.

Écrit par : Jean Claude Melan | jeudi, 13 janvier 2011

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